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Lundi 24 décembre 2007

Les secrets des riches

Sauf à gagner au Loto ou aux courses, ou encore à hériter d'un pactole, on ne devient pas riche du jour au lendemain. Pour se mettre à l'abri, le plus sûr moyen reste une vie de travail accompagnée d'une épargne bien orientée. Mais une fois parvenu en haut de l'échelle financière, l'objectif fixé est clair : il faut non seulement s'y maintenir, mais également faire prospérer son capital. Quelles sont donc les recettes des riches ? Les clés de la fortune : diversifier et épargner à long terme
Avant de les découvrir, encore faut-il savoir qui sont les riches ! S'il n'existe pas de définition précise en France, le premier seuil de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 760 000 euros, offre une réponse fiscale. Un seuil certes enviable, mais parfois vite atteint. Hausse de l'immobilier et des marchés boursiers oblige, l'ISF concernait 457 000 familles en 2006. Soit plus de 2 millions de personnes dans l'Hexagone. Autre chiffre éloquent : les 10% les plus fortunés possèdent 46% de l'ensemble du patrimoine en 2004, selon l'Insee. Et pour être de ceux-là, il faut disposer d'avoirs supérieurs à. 382 000 euros. Soit moins que le seuil de l'ISF ! Aux Etats-Unis, le million de dollars (740 000 euros) sert de référence, résidence principale incluse. Selon la Réserve fédérale américaine, 8% de la population faisaient partie de cette catégorie en 2004.
Premier constat : les plus riches n'investissent pas de la même façon que les autres. Il y a donc bien des leçons à tirer de leur stratégie. A commencer par la diversification des patrimoines. Trop concentrés sur l'immobilier, certains propriétaires ne peuvent dégager des liquidités suffisantes pour en assurer les charges et impôts, notamment celui de solidarité sur la fortune.
A l'inverse, les plus fortunés n'hésitent pas à tirer parti d'une exposition sur des classes d'actifs spécialisées. Ensuite, à condition de bien définir leurs besoins sur plusieurs années pour dégager les liquidités suffisantes, ils peuvent placer le solde de leur capital sur certaines classes d'actifs plus risquées à court terme mais plus rentables sur longue période. Voilà bien l'une des raisons du succès des grandes fortunes. «Plus qu'un seuil d'entrée sur des produits, c'est la capacité à bloquer une partie de son épargne à long terme qui fait la différence», résume Jean-Marc Bernon, directeur général de Fortis Gestion Privée. Pour les particuliers ordinaires, la diversification se limite trop souvent à un empilement de produits. Avec le risque, in fine, d'y perdre son latin et de ne plus avoir de stratégie patrimoniale lisible. L'investisseur fortuné cherche, lui, à maîtriser le risque de ses placements et n'achète jamais un produit sans conseil. Les plus riches s'offrent même les services de family offices, des départements mandatés pour coordonner la gestion de leur patrimoine. Exclusivement tournés vers l'intérêt du client, ils ne perçoivent aucune rémunération des fournisseurs de produits. Une méthode qui pourrait bien finir par s'imposer. Des produits largement démocratisés
S'inspirer des riches est possible. Sur les classes d'actifs traditionnelles, comme les actions et les produits de taux, sur l'immobilier ou encore sur les placements de diversification, nous avons étudié le comportement des investisseurs aisés. Et nous avons regardé comment il était possible de les transposer. Sachez-le, les produits offerts aux plus riches sont déclinés aux particuliers avec quelques années de retard. Ainsi, les solutions d'investissement, telles que gestion alternative, fonds investis sur le non-coté ou mandats de gestion sont devenus plus accessibles. Y compris avec des tickets d'entrée raisonnables. Avec 10 000 euros, vous avez aujourd'hui accès à l'essentiel de ces solutions d'investissement.
Gare toutefois à ne pas vous laisser griser. Si la performance des produits à caractère institutionnel fait rêver, ne cherchez pas à tout prix à vouloir imiter les plus fortunés. Seules comptent vos problématiques personnelles, notamment en termes de liquidités. La clé d'une bonne gestion patrimoniale, c'est d'abord d'être en adéquation avec ses objectifs personnels.

Plus de 2 millions de Français sont concernés par l'ISF. Actions, immobilier, liquidités, ouvres d'art. Découvrez leurs recettes et leurs stratégies d'investissement pour faire fructifier leur patrimoine.

 

Cash

Selon l'étude annuelle sur la richesse mondiale publiée par Merrill Lynch et Capgemini, les plus gros patrimoines conservent 11% de leurs actifs sur des placements liquides. Soit plus que la moyenne des Français. L'argument d'un train de vie supérieur est insuffisant pour justifier cet écart. Explication : certains éprouvent une forte aversion au risque. C'est typiquement le profil d'un ancien entrepreneur qui a vendu sa société et souhaite jouir de sa retraite en toute sérénité. Surtout dans un contexte où le rendement des taux courts redevient élevé.
Autre raison de conserver autant de liquidités : un investisseur opportuniste pourra se tenir en éveil et guetter tout achat intéressant. Enfin, le cash fait partie de la réflexion des plus riches lorsqu'ils mettent en place une allocation d'actifs globale. Il ne s'agit plus alors d'une épargne de précaution, mais d'un véritable placement, d'autant plus protecteur que les banques centrales indexent en partie les taux sur l'inflation. Les leçons à en tirer. Du côté des produits, les épargnants traditionnels se contentent d'un Livret A, d'un livret de développement durable - l'ancien Codévi - voire même d'un livret d'épargne populaire pour les plus faiblement imposés. Ainsi, huit ménages sur dix détenaient un livret non imposable en 2004 et 42% avaient un Livret A. En pratique, conservez en liquidités au moins trois mois de train de vie afin de parer au plus pressé en cas de coup dur. Se protéger du chômage, par exemple. La meilleure solution pour ses économies ? Soit des Sicav monétaires dopées par la remontée des taux courts sur les marchés, soit les livrets d'épargne réglementés. Attention, ceux-ci sont plafonnés. Que faire des sommes excédentaires ? On peut, certes, en garder une partie sur des placements sans risque pour équilibrer globalement son patrimoine. Mais encore faut-il avoir pris du risque à côté.

 

Obligations

Pendant des années, les obligations ont offert des rendements très attractifs pour l'épargnant, même si leur rendement réel, inflation déduite, n'a pas toujours été positif. Ainsi, l'investisseur pouvait voir grimper le montant de son épargne avec un risque limité. Ce qui explique le stock encore très important d'obligations dans les portefeuilles des plus fortunés. Il s'agit de la deuxième classe d'actifs la plus utilisée, avec 21% de leur allocation. D'autant que ces produits offrent un risque limité. L'émetteur s'engage en effet à verser à l'investisseur un revenu variable ou constant : le coupon. Il peut s'agir soit d'emprunts d'Etat de type obligations assimilables du Trésor, particulièrement sécuritaires, soit de titres de sociétés privées où le risque est la faillite de l'émetteur. A noter : au phénomène de baisse continue des taux au cours des années 1990, a succédé un mouvement inverse. Peu favorable pour les porteurs. Les leçons à en tirer. La règle est bien connue des investisseurs : en période de hausse des taux, il faut se détourner des marchés obligataires. Tout du moins sur les titres vifs. En effet, il est possible de miser sur ce placement indirectement, au travers de fonds en euros sur des contrats d'assurance vie. C'est aujourd'hui encore un bon moyen d'équilibrer le risque global d'un patrimoine. Autre piste à creuser : les obligations indexées sur l'inflation. Les riches vous le diront : avant de vouloir développer un patrimoine, il convient de le protéger face à la hausse des prix.

 

Actions

Acheter des actions comporte un risque évident, ce qui explique la faible exposition des épargnants sur cette classe d'actifs. Seuls 16% des ménages français en détiennent. Les chiffres de l'Insee montrent que plus le patrimoine est faible, plus les actions sont absentes des portefeuilles. Or, toutes les études le démontrent : les actions paient mieux que toutes les autres classes d'actifs à long terme. Les grandes fortunes ont retenu la leçon : les titres de sociétés cotées représentent 31% de leur patrimoine. Les leçons à en tirer. Le risque action paie. à condition de rester investi dans la durée ! Trop souvent, l'investisseur se laisse guider par sa psychologie et déserte les marchés actions au plus mauvais moment, à savoir les périodes de forte baisse. A l'inverse, les chiffres sur la collecte montrent que l'épargnant y revient lorsque les niveaux de valorisation atteints sont élevés. Rester investi à long terme permet d'éviter les soubresauts du marché. Pour limiter le risque, bâtissez-vous un portefeuille d'au moins une dizaine de lignes, en privilégiant différents secteurs. Et, à l'image du milliardaire Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, n'investissez que sur des valeurs dont vous comprenez l'activité. Autre solution : miser sur des Sicav. Le faire régulièrement, même avec des montants faibles, permet de lisser les à-coups.

 

Immobilier d'habitation et locatif

S'offrir sa résidence principale est une évidence patrimoniale. Propriétaires à 55% de leur habitation, les Français ont bien compris l'intérêt de cette mesure de protection. Et la future réforme fiscale qui prévoit la déduction d'une partie des intérêts d'emprunt pourrait accélérer le mouvement. Au-delà de l'immobilier d'agrément, la pierre est aussi un réflexe fiscal pour certains. Si vos charges locatives dépassent le montant des revenus, vous dégagez un déficit foncier déductible de votre revenu. Et payez moins d'impôts sur le revenu au passage.
Si les plus fortunés disposent souvent de plusieurs résidences d'agrément, ils ne se focalisent pas sur l'immobilier d'habitation et l'investissement locatif dans un but fiscal n'est pas de mise. Seul le statut fiscal d'une rénovation en monument historique ou en loi Malraux peut correspondre à leurs besoins. Plutôt que de se concentrer sur un impôt sur le revenu auquel ils ne pourront échapper, ils ciblent la fiscalité de leur patrimoine déjà constitué. Bref, l'impôt de solidarité sur la fortune. Les leçons à en tirer. Il y a dans la pierre un côté affectif ! Peu d'investisseurs voient donc l'immobilier comme un simple placement. Ainsi, les Français sont surexposés sur la pierre, soit en moyenne plus de 60% de leurs actifs. En cas de secousse sur le marché, l'impact serait douloureux pour les épargnants. Comme les riches, et à condition d'avoir déjà remboursé sa résidence principale, il faut savoir arbitrer entre ses biens immobiliers, comme en matière de placements financiers. «Surtout si le revenu foncier est dégagé de toute dette», plaide Claude Garnier, président d'Aforge Finance.

 

Immobilier de bureau et d'entreprises

L'immobilier commercial et de bureaux est une classe d'actifs qui peut rapporter gros. Sur des foncières en immobilier commercial, il est possible d'atteindre des rentabilités de l'ordre de 8 à 9% par an. Les très gros patrimoines peuvent aller plus loin et acheter en direct des entrepôts, par exemple. Il faudra pouvoir débourser plusieurs millions d'euros. Autre possibilité pour eux : passer par le statut du loueur en meublé professionnel (LMP) et acquérir toute une résidence de retraite médicalisée, par exemple. Avec à la clé un avantage fiscal permettant de voir ses loyers imposés au régime favorable des bénéfices industriels et commerciaux. De plus, l'éventuelle plus-value est exonérée après cinq ans et, si les recettes avec ce statut dépassent 50% des revenus professionnels, l'investisseur en LMP est alors exonéré d'impôt de solidarité sur la fortune. Les leçons à en tirer. A l'évidence, les particuliers n'ont pas la surface financière pour miser sur l'immobilier de bureaux en direct. En revanche, plusieurs outils d'investissement collectif souvent désignés sous l'appellation «pierre papier» permettent de se bâtir une exposition sur le secteur, afin de diversifier son patrimoine. Car non seulement l'immobilier de bureau est plus rentable que l'immobilier d'habitation, mais il répond aussi à des cycles différents.
Première solution : acquérir des parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Ces placements délivrent un revenu annuel régulier, soit 6,35% en moyenne en 2006. Problème : il faudra trouver des parts de SCPI dans un marché proche de la pénurie. D'ici à quelques mois, les SCPI vont devoir cohabiter avec leur frère jumeau, les organismes de placement collectif immobilier, ou OPCI. Ces fonds seront exposés à hauteur de 60% en immobilier physique et jusqu'à 30% en valeurs mobilières. Ils pourront même recourir à l'emprunt. Enfin, les OPCI conserveront une faible part d'actifs peu risqués pour assurer une certaine liquidité. Du fait de leur diversification, ils rapporteront moins que les SCPI. Reste à connaître la réalité de leur liquidité annoncée. En cas de crise, la poche de liquidité sera sans doute insuffisante pour faire face aux rachats.
En Bourse, plusieurs produits proposent une exposition au marché immobilier, tout en assurant une bonne liquidité. Les sociétés foncières ont adopté, voici deux ans, le statut de sociétés d'investissements immobiliers cotées (SIIC). Des mesures réglementaires récentes vont leur permettre d'accroître leur flottant, ce qui devrait leur attirer de nouveaux épargnants. De même, les Sicav investies sur l'immobilier, essentiellement à travers des valeurs foncières, ont connu une hausse spectaculaire de leurs cours. Il existe, enfin, un dernier moyen d'investir sur l'immobilier à travers la Bourse : les trackers. Ces produits indiciels assurent une liquidité permanente, grâce à un système de cotation continue qui permet d'envisager un investissement sur un horizon très court. S'ils sont diversifiés sur l'ensemble du marché immobilier, habitation comme bureaux et boutiques, ces trackers offrent en revanche une forte corrélation avec les marchés boursiers. Actuellement composée de deux trackers européens, la gamme EasyETF FTSE Epra d'Axa s'étoffera bientôt de trois autres produits exposés à l'immobilier mondial.

 

Capital-Investissement

Le capital-investissement, ou private equity pour les Anglo-Saxons, est sans conteste le dernier sujet à la mode. Il se définit tout simplement par l'investissement dans des sociétés non cotées en Bourse. Ainsi, il concerne d'abord les créateurs d'entreprise ou les cadres supérieurs ayant immobilisé des capitaux pour leur développement. Bien souvent anciens patrons ou créateurs d'entreprise, les plus fortunés sont très concernés. Ils ont couru un risque important en plaçant une forte part de leur épargne, si ce n'est la totalité, dans la société familiale. Pour l'investisseur traditionnel, il est donc difficile de les imiter, à moins d'avoir un projet de création d'entreprise viable.
Autre solution : rejoindre les rangs d'un club de business angels qui investissent en commun dans des petites et moyennes entreprises locales en région. Mais, pour l'épargnant, la manière la plus évidente d'accéder au non-coté reste les fonds d'investissement collectifs. A l'origine, les fonds communs de placement à risques (FCPR) étaient accessibles à tout le monde, à condition de ne pas toucher à son épargne pendant une dizaine d'années. Mais les tickets d'entrée très élevés ont éloigné les particuliers de ces produits. Il faut disposer d'au moins 100 000 euros pour accéder à ces véhicules. Plus ouverts, les fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI) et les fonds d'investissement de proximité (FIP) ont pris le relais. Vous pouvez acquérir une part de ces produits d'épargne collective pour un minimum de 500 euros. Ils ne vous permettront pas d'obtenir les mêmes performances que les FCPR, dont les rendements annuels affichent souvent deux chiffres. La raison : ils lèvent beaucoup plus de fonds et peuvent donc avoir accès aux dossiers non cotés de toutes tailles, un facteur de création de valeur. Avec les FCPI ou les FIP, vous pourrez espérer un rendement annuel de 7% par an, à condition de sortir à l'échéance prévue par le règlement du fonds. Les leçons à en tirer. Il faut se montrer sélectif ! Car, en matière de FCPI et de FIP, les produits abondent. La plupart des grands réseaux ont profité de la création de ces outils pour lancer une offre pas toujours performante. Ensuite, attention à ne pas souscrire pour le seul attrait fiscal. Si ce type de placement permet de faire baisser ses impôts dans la limite de 25% de son investissement plafonné à 6 000 euros de réduction pour un couple, vous ne pourrez pas sortir avant six à huit ans. En cas de besoin de liquidités, rien ne vous assurera de retrouver votre investissement d'origine. Les gérants de FCPI comme de FIP ne sont pas tenus d'assurer la liquidité de ces produits et il vous faudra alors négocier avec eux. Mais ces instruments offrent un bon moyen de doter son portefeuille d'une exposition au non-coté. En attendant l'offre 2007 prévue pour la rentrée, il existe encore quelques fonds ouverts actuellement.

 

Vignes

Pour les plus fortunés, s'offrir un vignoble est d'abord une question de prestige. Plus qu'un simple investissement, le vin véhicule le rêve. Mais ils peuvent également en tirer parti sur le plan fiscal. S'ils sont exploitants, ils ont droit au régime très avantageux des bénéfices agricoles et à l'exonération d'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). S'ils louent leurs vignes, ils sont exonérés d'ISF et de droits de succession à concurrence de 75% de leur valeur. Les leçons à en tirer. Pour les épargnants traditionnels, mieux vaut ne pas rêver ! Acquérir un vignoble, voire même une parcelle, n'est pas très accessible. Selon la dernière étude de la Safer, le prix moyen d'un hectare de vigne en France s'élève à 86 000 euros dans les appellations d'origine contrôlée. Et, ensuite, il faut encore assurer la gestion du domaine. De plus, on ne s'improvise pas vigneron. En revanche, il existe des produits d'investissement collectifs qui permettent d'acquérir une part de vignoble : les groupements fonciers viticoles (GFV). Pour cela, il vous faudra tout de même débourser plusieurs dizaines de milliers d'euros, en fonction du prestige du vignoble. Le produit est donc destiné aux patrimoines supérieurs au million d'euros. Avantage de ce placement : vous serez exonéré partiellement de droits de succession et de donation, vous bénéficierez d'un abattement sur l'ISF, ainsi que d'un avantage en termes d'impôt sur le revenu pour cause de déficit foncier. Encore faut-il trouver un produit accessible, car les GFV sont rares et communiquent peu. Attention : en souscrivant une part de GFV, vous bloquez vos avoirs sur une période très longue : vingt-cinq ans en moyenne, sans être assuré de pouvoir sortir en cours de route.

 

Marché de l'art

Le marché de l'art ne s'est jamais aussi bien porté. Quel que soit le domaine, peinture contemporaine, sculpture africaine, impressionnisme ou mobilier Art Déco, les records tombent les uns après les autres. Les vieilles familles comme les nouvelles fortunes de Wall Street investissent massivement dans ce qu'ils considèrent comme une valeur refuge et un instrument de représentation sociale. De plus, en France, le régime fiscal des objets d'art et des antiquités est favorable : les plus-values à la revente sont peu ou pas taxées et ces biens échappent à l'impôt de solidarité sur la fortune. Les leçons à en tirer. Nul besoin d'être millionnaire en dollars ou en euros pour se constituer une collection d'objets d'art qui se valorisera. Evitez juste les secteurs inabordables, tel l'Art Déco, ou spéculatifs, comme l'art contemporain. Même si les experts peuvent y faire de bonnes affaires. Intéressez-vous à des marchés progressant régulièrement, comme la céramique, ou aux antiquités délaissées mais de qualité et qui retrouveront un jour la faveur des amateurs. A cet égard, le beau mobilier français du XVIIIe siècle ou du début du XIXe, actuellement décoté, reste, sur le long terme, un investissement de qualité.

 

Chevaux de courses

10 juin 2007, à Chantilly. Le prix de Diane est remporté par une pouliche du cheikh Al Maktoum, gouverneur de Dubaï, qui empoche au passage 457 120 euros. Les puissants du monde ont tous des écuries : l'Aga Khan, les Wertheimer. Un loisir réputé inaccessible. Les propriétaires bénéficient par d'ailleurs d'un régime fiscal d'exception. Les gains de course et la revente des cracks après sept ans de détention peuvent échapper à l'impôt. Les leçons à en tirer. Nul besoin d'investir 80 000 euros dans un yearling pour se lancer dans le monde des courses. Vous pouvez acheter une part d'une «écurie de groupe» qui compte entre 20 et 99 actionnaires. Moyennant un forfait de 3 500 à 15 000 euros pour trois ans renouvelables, vous devenez copropriétaire de plusieurs chevaux courant sous vos couleurs. «Que l'écurie prenne la forme d'une société de capitaux ou de personnes, trois des porteurs de parts doivent être agréés par nos soins», précise Elodie Garamond, chef du département proprié­taires chez France Galop. Bienvenue alors dans un monde de privilèges : accès gratuit aux hippodromes, aux ronds de présentation, aux tribunes réservées. et, bien sûr, fiscalité avantageuse.

 

Gestion Alternative

Trop complexe, la gestion alternative ? Ce n'est pas l'avis de tout le monde ! Les gros patrimoines ont ainsi dopé leurs portefeuilles grâce à ces techniques de gestion qui représentent jusqu'à 20% ou 30% de leurs actifs financiers. La raison : la décorrélation affichée par ces produits, souvent vendus pour leur performance absolue. C'est-à-dire leur capacité à générer un rendement positif quelles que soient les conditions de marché. Ce qui ne veut pas dire sans risques. Pour cela, il faut pouvoir avoir recours à toute une palette de stratégies de gestion et arbitrer entre les différents marchés. C'est pourquoi l'Autorité des marchés financiers (AMF) a favorisé l'émergence d'une activité fondée sur la multigestion. Les gérants peuvent ainsi rechercher les meilleures stratégies. Si les plus fortunés n'hésitent pas à placer des tickets de plusieurs millions d'euros dans différents véhicules, le particulier doit se tourner vers les fonds de fonds plus accessibles. Il vous faudra tout de même investir 10 000 euros. A moins de faire partie des «investisseurs qualifiés», selon les critères de l'AMF. Les leçons à en tirer. La gestion alternative est risquée. Grâce à leur diversification, les fonds de fonds réduisent ces risques. Dans ce cas, vous ne serez pas exposé à un seul gérant ou sur une seule stratégie. De même, les autorités exigent des gestionnaires de contrôler l'effet de levier dans les supports sélectionnés. Or, les grandes catastrophes de la gestion alternative sont surtout dues à un effet de levier démesuré. Enfin, s'il existe 137 fonds de fonds alternatifs agréés par l'AMF, surveillez bien la liquidité de ces produits. Certains gestionnaires peuvent exiger un préavis de sortie de plusieurs semaines.

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par L'homme publié dans : LE PATRIMOINE
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