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Dimanche 2 décembre 2007
 
 

Gaypatrimoine partage les opinions de l'auteur ci-dessus. Cette lettre d'information est adressée à leurs clients.

"Les performances économiques de nombreux pays en développement au cours des dernières années ont révélé au monde occidental, qui ne leur portait jusque récemment qu’un intérêt lointain, la réalité d’une expansion très dynamique dont les conséquences sont désormais tangibles. Après les précurseurs : Corée, Singapour, Taïwan, dont le niveau de vie a  rattrapé celui de l’Europe, un grand nombre de nations ont émergé aux échanges commerciaux et représentent aujourd’hui, à côté d’un poids économique considérable, le moteur majeur de la croissance mondiale, ce qui n’était jamais arrivé.

"Les performances économiques de nombreux pays en développement au cours des dernières années ont révélé au monde occidental, qui ne leur portait jusque récemment qu’un intérêt lointain, la réalité d’une expansion très dynamique dont les conséquences sont désormais tangibles. Après les précurseurs : Corée, Singapour, Taïwan, dont le niveau de vie a  rattrapé celui de l’Europe, un grand nombre de nations ont émergé aux échanges commerciaux et représentent aujourd’hui, à côté d’un poids économique considérable, le moteur majeur de la croissance mondiale, ce qui n’était jamais arrivé.

Les performances spectaculaires des bourses émergeantes attirent de plus en plus d’investisseurs mais dans la morosité actuelle des marchés, est-ce bien le moment ?

Vous trouverez ci-dessous l’analyse et les réponses de notre économiste et responsable de la multi-gestion  Christian CHARDIN.

Nous restons à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Eric GIRAULT

Responsable Gestion privée

 

Demain, les émergents

Les performances économiques de nombreux pays en développement au cours des dernières années ont révélé au monde occidental, qui ne leur portait jusque récemment qu’un intérêt lointain, la réalité d’une expansion très dynamique dont les conséquences sont désormais tangibles. Après les précurseurs : Corée, Singapour, Taïwan, dont le niveau de vie a  rattrapé celui de l’Europe, un grand nombre de nations ont émergé aux échanges commerciaux et représentent aujourd’hui, à côté d’un poids économique considérable, le moteur majeur de la croissance mondiale, ce qui n’était jamais arrivé. Géants économiques déjà avérés ou en formation, les pays émergents étaient naguère encore considérés comme des nains financiers et l’investissement y était qualifié d’exotique. Sous l’impulsion d’une expansion décoiffante, cette vision des choses est en train de changer rapidement et les places boursières émergentes drainent des capitaux en forte augmentation.
Souligner l’incroyable développement de la Chine est devenu un lieu commun. Mais il y a moins d’une génération, aucun économiste ne suivait de façon autre qu’anecdotique le comportement de cette économie planifiée, isolée, au niveau de vie dérisoire. Aujourd’hui, la Chine, deuxième exportateur mondial présent dans tous les foyers, usine des biens de grande consommation du monde entier mais déjà aussi puissance technologique avancée, a quadruplé sa richesse réelle en quinze ans. Sa voisine indienne, longtemps caractérisée par un développement languide attribué à un interventionnisme étatique paralysant, lui emboîte le pas en devenant le pourvoyeur inépuisable de nombreux services. La croissance à 10% l’an de ces deux pays qui comptent 37% de la population mondiale est une révolution sans précédent.
Celle-ci est amplifiée par le décollage de nombreuses autres nations hier marginalisées. L’extrême sollicitation des ressources naturelles qui résulte du cycle mondial actuel, où l’Occident prend aussi sa part, profite à tous les fournisseurs de matières premières : producteurs d’énergie bien sûr (Russie, l’Opep en général, plusieurs pays africains), mais aussi de minerais et métaux (Russie encore, Malaisie, Chili, Indonésie, Afrique du Sud, Brésil) et de produits alimentaires (Argentine, Brésil, Thaïlande). Encore seuls les plus importants sont-ils cités ici. Mais le développement de tous ces pays s’appuie aussi désormais sur une demande intérieure significative, satisfaite de plus en plus par des biens manufacturés localement. Le vieux schéma de nations pauvres exportatrices de produits bruts, à faible valeur ajoutée, soumises aux cycles et tributaires pour leur avancée de la fourniture d’infrastructures par les pays industrialisés est en train de voler en éclat.
La notion d’émergence qualifie particulièrement bien ce monde en mutation.
Déjà bien implantés sur les marchés des biens, montant en puissance dans les services, les émergents restent assez peu visibles sous l’aspect financier : leurs banques sont encore essentiellement locales. Mais leurs champions industriels s’affirment et partent à la conquête, secouant les habitudes séculaires du monde industrialisé. Il y a moins de douze ans, la tentative de rachat de Thomson par un groupe coréen était passée en France pour une incongruité. Qui aurait alors prédit qu’au cours des années suivantes, IBM vendrait ses ordinateurs personnels à un chinois, que deux groupes indiens domineraient la sidérurgie mondiale après absorption en bonne et due forme de leurs concurrents européens, et que seule une intervention du gouvernement Bush empêcherait une compagnie d’état chinoise de rafler une major pétrolière américaine ?
Pour les investisseurs du monde entier, la tentation est désormais grande de vouloir profiter d’un tel dynamisme en se plaçant sur les bourses locales. De ce fait, et grâce à une liquidité mondiale qui reste très abondante, les cours ont très fortement monté sur ces places depuis cinq ans, avec une certaine discrétion d’abord sur des marchés encore étroits, puis de façon hautement visible plus récemment sous l’influence notamment de l’ahurissante explosion des indices chinois.
Historiquement, le placement sur les bourses de ces pays n’était pas sans risque : des performances fortes certes, reflet d’une croissance supérieure aux pays industrialisés, mais ponctuées de crises violentes, de chutes profondes et de défaillances monétaires, le tout sur des marchés d’une transparence et d’une liquidité souvent médiocres, ce qui réservait de fait le placement à une fraction des professionnels. L’investisseur devait avoir les nerfs solides, savoir être patient et ne réserver à ces pays qu’une part modeste de ses avoirs –de préférence importants. Progressivement, la gestion collective a amené ces marchés à la disposition des épargnants, en faisant une classe d’actifs à part entière. La question se pose ainsi de l’opportunité d’investir une part accrue de ses avoirs dans ces pays.
Nous croyons qu’à l’avenir, il sera dans l’intérêt bien compris des investisseurs de le faire. En effet, la capitalisation boursière globale de ces pays ne reflète que très imparfaitement leur puissance économique, et le rattrapage est appelé à se poursuivre. D’autres motifs structurels incitent par ailleurs au placement dans ces zones, liés au constat dressé plus haut :

  1. financièrement, la fragilité naguère structurelle des émergents s’est largement atténuée. Autrefois, ces places étaient extrêmement dépendantes des capitaux étrangers, souvent à court terme, qui épongeaient les déficits courants. Ceci imposait des politiques monétaires restrictives, génératrices de crises internes qui faisaient refluer brutalement les capitaux étrangers, entraînant souvent de surcroît des débâcles monétaires. L’archétype en est la crise thaïlandaise de 1997, avec un effet de domino fâcheux sur tous les voisins. Ce schéma est largement obsolète aujourd’hui où le déficit global est en bonne partie logé chez une seule nation riche, les Etats-Unis, alors que nombre de pays émergents affichent une balance des paiements excédentaire, avec pour conséquence directe de plantureuses réserves dans les coffres de leur banque centrale, et des taux d’intérêt nettement moins élevés qu’autrefois. Bref, le paysage financier local est infiniment plus rassurant ;
  2. économiquement, les investisseurs locaux sont beaucoup plus nombreux, apportant ainsi aux marchés une profondeur et une stabilité qui faisaient défaut. Les transactions se sont étoffées, l’origine des capitaux est bien plus variée. De ce fait, les crises dues à l’illiquidité sont bien moins à redouter ;
  3. réglementairement enfin, ces places adoptent peu à peu des normes proches ou équivalentes de celles en vigueur dans les pays industrialisés, tant sur le plan de la « gouvernance » que de la transparence, de la rapidité et la bonne exécution des transactions, etç.

Voilà pourquoi nous pensons que la recherche de placements dynamiques, dans les années à venir, justifiera une allocation plus large à ces pays.
A court terme cependant, la vision n’est pas la même, et du point de vue tactique nous recommandons d’attendre une consolidation appuyée avant de venir ou de renforcer sur ces places, qui ont à digérer à la fois la hausse spectaculaire des cinq dernières années et l’épreuve de la crise des subprime qui ternit l’ensemble des perspectives boursières mondiales. En cinq ans, l’indice des bourses émergentes a gagné 320% (en $) , malgré des chutes temporaires de 25% très vite effacées, et à l’aune de cette montée il n’y aurait rien d’étonnant à subir un nouveau repli du quart, voire du tiers sur certaines places, permettant de reconstituer du potentiel. La valorisation intenable atteinte par les bourses chinoise, et à un moindre degré indienne, n’autorise pas aujourd’hui à conseiller l’investissement autre que modeste même sur les autres places qui ne resteront pas indemnes en cas de chute d’un de ces deux indices. Les corrections ça et là des dernières séances sont peut-être le début de la rectification attendue, après laquelle les attraits du monde émergent apparaîtront à nouveau. A long terme, il serait dommage pour l’investisseur de ne pas accompagner une croissance qui, collectivement, s’avère deux fois et demi plus rapide que celle des pays occidentaux.

Achevé de rédiger le 19/11/2007

Les analyses et recommandations ci-dessus n’ont qu’un caractère informatif et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de ses auteurs. Les investisseurs demeurent entièrement maîtres et responsables de leurs décisions d'investissement et de gestion. Ils reconnaissent assumer et supporter l'intégralité des risques financiers liés à leurs investissements.
l'investissement en SICAV/FCP  ne comporte aucune garantie, ni de rémunération ni de capital. "

« LES PERFORMANCES PASSEES NE PREJUGENT EN RIEN DES PERFORMANCES FUTURES ET NE CONSTITUENT EN RIEN UN ENGAGEMENT DE REMUNERATION. »

par Gaypatrimoine publié dans : LE PATRIMOINE
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