
Comment fonctionne la Bourse
La Bourse apparaît encore, souvent à tort, comme un monde à part et souvent un univers réservé à des initiés.
Certains pensent même que si l'on ne fait pas partie des avertis, on risque de faire plus de mauvaises affaires que de bonnes. Pourtant les potentialités sont attractives sur longue période.
Mais s'il est vrai que la Bourse est un investissement risqué, elle ne l'est pas plus que d'autres comme la création et le développement d'entreprises ou même l'immobilier acquis dans de mauvaises conditions financières, juridiques et fiscales.
Pour éviter trop de déconvenues, un conseil : prenez le temps d'apprendre et de comprendre. Dialoguez aussi avec des professionnels, autrement dit avec des prestataires spécialisés dans la Bourse et les placements, comme les banques et autres établissements spécialisés (sociétés de Bourse, notamment, ou e-brokers sur Internet, filiales d'institutions bancaires. Tous peuvent vous aider à débuter, stimuler et à gérer efficacement un portefeuille boursier. Cela, dans des conditions financières à discuter pour bénéficier des frais de plus en plus faibles et d'un vrai service. Le Revenu qui paraît chaque semaine constitue une "bonne école" pour comprendre et agir.
À quoi sert la Bourse ?
C'est un grand marché où se rencontrent des vendeurs, à la recherche de capitaux ou de prises de plus-values, et des acheteurs à la recherche de profits lorsque les titres choisis voient leurs cours augmenter. Les vendeurs d'un jour étant peut-être les acheteurs de demain et inversement. Car c'est justement la confrontation d'opérateurs ayant des croyances différentes sur les perspectives de hausse ou de baisse des marchés qui participe à l'animation des Bourses.
Sur ces marchés organisés et contrôlés, des acteurs négocient des titres à des prix officiels appelés " le cours ". Celui-ci peut varier à chaque seconde sur des marchés informatiques qui arbitrent les ordres des différents opérateurs.
Les acteurs du marché boursier
Les particuliers sont directement peu actifs. Ce sont surtout les grandes institutions financières mondiales. Elles gèrent à la fois les fonds de pensions, les sicav, les FCP appartenant à des particuliers ainsi que les capitaux d'institutions. Elles sont les premiers acteurs des marchés boursiers. Vous pouvez donc vous mêler à ceux qui achètent ou vendent. Cela, à travers des banques ou des intermédiaires agréés permettant de gérer des actions, des obligations et toute une série de produits boursiers plus ou moins sophistiqués.
Entreprises, institutions et collectivités locales viennent en effet sur les marchés boursiers pour chercher des capitaux qui leur permettront de financer, entre autres, des investissements pour assurer leur développement.
Les différents marchés
Les Bourses respectent des conventions précises d'organisation. Une entreprise qui cherche des capitaux par le biais des marchés boursiers doit se plier à certaines exigences de règles et de transparence financière. Exigences qui varient selon les marchés concernés. Ainsi, la Bourse de Paris, qui est une entreprise privée elle-même, s'appelle "Euronext" ; elle s'est associé avec les Bourses belge, portugaise et hollandaise. Elle fonctionne tous les jours ouvrables. On y distingue plusieurs marchés boursiers, placés sous la surveillance de l'autorité des marchés financiers (AMF)
Nouvelle organisation de la cote. Il n'existe désormais qu'un seul marché appelé Eurolist et divisés en compartiments :
A - Capitalisation boursière supérieure à 1 milliard d'euros
B - Capitalisation boursière comprise entre 150 millions et 1 milliard d'euros
C - Capitalisation boursière inférieure à 150 millions d'euros
Spécial - Sociétés en règlement judiciaire Valeurs étrangères.
Les valeurs du marché libre sont classées séparément
La mise en place de la cote Eurolist et de ses compartiments est effective depuis le lundi 21 février 2005. Cette organisation se substitue à celle en place jusqu'à présent qui comportait :
Le Premier Marché : il rassemblait les plus importantes sociétés cotées.
Le Second Marché : il avait été créé début 1983 pour accueillir des entreprises de taille moyenne. Celles-ci peuvent ainsi obtenir les financements nécessaires à leur développement.
Le Nouveau Marché : Créé début 1996, il avait été mis en place pour soutenir le développement d'entreprises de haute technologie, à fort potentiel de croissance et leur permettre d'accéder au marché boursier.
Les transactions se font « au comptant », c'est-à-dire avec paiement immédiat, par des négociateurs de la Bourse de Paris
Le volume des transactions –ce qu'on appelle la « liquidité » est très variable selon l'importance des entreprises. On court donc de plus grands risques en investissant sur des titres sur lesquels les échanges quotidiens sont très faibles.
Les indices permettent de suivre l'évolution de la Bourse. Les plus connus à Paris :
Le CAC 40 regroupe les 40 titres les plus actifs de la Bourse de Paris. Il est calculé toutes les 30 secondes de 9 heures à 17heures 30, avec un tour de clôture à 17heures 35.
L'indice SBF 120 comprend les valeurs du CAC 40 ainsi que 80 valeurs de première importance en termes de capitalisation et de volume d'échanges.
Opérations au comptant ou à crédit (SRD)
L'ensemble des transactions doit être réalisé par un versement comptant sauf pour les titres éligibles au Service à règlement différé (SRD). Seulement environ 165 valeurs sur près de 1000 valeurs cotées à Paris permettent de spéculer à crédit. Elles doivent répondre à des critères stricts pour y paraître. En particulier leur capitalisation boursière doit être supérieure à 50 millions d'euros et la valeur d'échanges quotidiens supérieure à 1 million d'euros.
Quels sont les produits boursiers ?
On parle désormais d'instruments financiers pour désigner les produits boursiers. Il y a d'abord les actions bien sûr, c'est-à-dire des parts du capital d'une société.
On trouve aussi d'autres produits comme les obligations qui sont des reconnaissances de dettes à votre égard de la part d'entreprises, de l'état ou d'institutions et de collectivités locales.
Il existe également les titres d'OPCVM (organismes de placements collectifs de valeurs mobilières) comme les SICAV ou FCP, notamment.
Les SICAV sont des Sociétés d'investissement à capital variable qui détiennent des actions en fonction des souscriptions. La cotation est quotidienne. On en compte en France plus d'un millier. Les Fonds communs de placements (FCP) vous permettent de souscrire des valeurs mobilières en copropriété. La cotation est à des dates variables. On en compte en France plus de 5.000. L'or, longtemps valeur-refuge des Français, est devenu un produit assez délaissé depuis trente ans ; Euronext a pris la décision en 2004 de ne plus coter l'or en Bourse.
Les matières premières comme l'argent, le cuivre... constituent généralement des placements sujets à forte spéculation, donc à haut risque. Mais les bourses des matières premières sont différentes des Bourses de valeurs mobilières. On y court de très hauts risques. Attention.
Comment constituer et gérer un portefeuille ?
La constitution d'un portefeuille exige un intermédiaire professionnel financier habilité à réaliser des achats et des ventes de titres. Ce peut être votre banquier ou un agent de société de Bourse (désormais appelée entreprise d'investissement), un e-broker par Internet ou une société d'assurance. L'intermédiaire en question va vous ouvrir un compte titres sur lequel s'effectueront les opérations suivant diverses conditions techniques et financières précisées dans un contrat que vous devez examiner avec attention.
Quel que soit votre choix, plusieurs possibilités s'offrent à vous :
La gestion personnelle : vous l'assurez vous-même et donnez des ordres d'achat et de vente à votre intermédiaire boursier qui ne sera dans ce cas qu'un simple exécutant.
La gestion assistée : c'est une solution intermédiaire parfois sujette à des malentendus. En effet, l'intermédiaire vous donne ses conseils, payants ou pas, mais c'est vous qui prenez les décisions. Pas de problème si la réussite est au rendez-vous, mais cela se complique en cas d'échec car chacun se renverra la faute...
La gestion déléguée : vous définissez les objectifs et les risques acceptés (percevoir des revenus ou mener des opérations à crédit ou pas, répartir des actifs...) et l'intermédiaire s'occupe de les atteindre. Des frais de gestion vous seront alors facturés. Attention dans tous les cas à bien comparer les frais qui varient énormément d'un intermédiaire à l'autre. Tout se discute. Ne l'oubliez pas.
La gestion collective : vous placez en Sicav ou FCP gérés par des professionnels qui prennent les décisions d'orientation et de choix de valeurs. Les comparatifs de performances en fin d'année vous permettent de savoir si le gérant de votre Sicav s'est montré à la hauteur.
Des frais de courtage sont perçus à chaque vente ou achat d'actions, ainsi que des droits de garde pour la conservation et la gestion administrative des titres dans votre déclaration de revenus relatifs à la Bourse. Prenez donc bien soin de faire préciser par écrit toutes ces conditions.
Que choisir ?
Premier principe à respecter : ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Diversification ne veut pas dire pour autant atomisation de vos placements boursiers. C'est tout simplement le gage d'une bonne gestion dans un domaine où les facteurs irrationnels ne manquent pas. Il convient en ce domaine de suivre une méthode. Le Revenu vous en proposera une efficace. Celle de " La Méthode des quatre postes "
. Si vous disposez de temps et si vous avez envie de suivre régulièrement vos placements, lancez-vous. Mais commencez à petite échelle. Achetez des valeurs mobilières après avoir pris le temps de commencer à vous informer grâce à la presse, au minitel et à Internet. Pas besoin d'être millionnaire pour cela, quelques milliers d'euros suffisent pour débuter à constituer un petit portefeuille. Vous pourrez mieux débuter en ayant simplement un portefeuille virtuel que vous pourrez enregistrer pour en suivre l'évolution sur minitel et Internet. Si le temps vous est compté, orientez vous aussi vers des actions de SICAV ou parts de FCP. Des gestionnaires, dont c'est le métier, prendront dans ce cas en charge la gestion de votre portefeuille de titres.
Prenez votre temps
Sachez en tout cas que l'on n'achète pas un titre uniquement au regard de ses performances passées. Il faut examiner ses potentialités propres et celles de ses marchés, comme ses prévisions de résultat. Il convient donc de prendre le temps de faire des essais et de lire pour juger le fonctionnement de la Bourse. Vous constaterez ainsi qu'il faut éviter d'acheter un titre lorsque son cours est au plus haut ou de le vendre lorsqu'il est à la baisse. Tout cela est donc une question d'appréciation assez complexe. Nous allons y revenir pour vous aider simplement à comprendre le plus vite possible. Si ces quelques règles de base vous apparaissent aisées à mettre en oeuvre, la réalité est souvent plus difficile. Ne l'oubliez surtout pas.
Soyez informé
L'important aussi est d'éviter de réagir de façon émotionnelle. Pour cela ne négligez aucune information : rythme de l'inflation, niveau et tendance des taux d'intérêt, évolution de la situation économique en France et à l'étranger... Vous trouverez toutes ces informations dans des revues économiques et sur des serveurs télématiques grand public ou spécialisés. Ceux-ci publient également les cours journaliers des principales valeurs des différents marchés. Car non seulement il faut lire pour suivre l'actualité économique et boursière, mais il convient de savoir analyser la cote des valeurs qui contient plein d'informations intéressantes qui évoluent sans cesse.
N'hésitez pas non plus à prendre conseil auprès d'un professionnel chez qui sera déposé votre compte titres. Vous pouvez aussi chercher secours auprès d'autres particuliers en rejoignant, ou en créant avec quelques amis, un club d'investissement.
Identifiez votre profil financier
En fonction de votre profil, la répartition des différents titres de votre portefeuille sera plus ou moins orientée vers tel ou tel type de produits.
Les professionnels définissent en général trois profils financiers types que vous pouvez adopter :
Profil " sécurité ", privilégiez un portefeuille constitué en majorité d'obligations, de SICAV ou FCP obligataires, de placements à court terme en SICAV monétaires.
Profil " équilibré ", préférez un portefeuille majoritairement obligataire ou monétaire, avec une proportion d'actions ou de SICAV actions plus importante.
Profil " dynamique ", faites une place plus importante dans votre portefeuille aux actions, aux SICAV actions et, éventuellement, aux valeurs de matières premières.
Quels titres privilégier, et selon quels critères ? Le meilleur conseil, dans un marché sans cesse en mouvement, est de suivre grâce aux différents médias les mouvements et tendances. Ensuite, faites-vous votre opinion.
Une règle d'or
Enfin retenez cette règle d'or : la Bourse est avant tout un marché d'anticipation à la hausse ou à la baisse. C'est bien le point clef que nous allons nous efforcer de vous faire comprendre facilement pour avoir bien vite la perception d'une sorte de vrai professionnel amateur !
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