Les clubs d’investissement
Pour apprendre à gérer un portefeuille d'actions et d'obligations, rien de tel que de devenir membre d'un club d'investissement. Trente-six ans après leur création, ces « écoles de la Bourse » affichent une bonne santé.
À SAVOIR
- La Fédération française des clubs d'investissement, fondée en 1968, se tient à votre disposition pour tout renseignement. Des statuts types et un logiciel de comptabilité peuvent également vous être fournis.
FFCI : 39, rue Cambon, 75001 Paris. Tél. : 01 42 60 12 47 www.clubinvestissement.com
FICHE TECHNIQUE
- Nombre de clubs : environ 18 000.
- Nombre de clubistes : environ 250 000.
- Actif moyen par club : 30 000 euros.
- Encours total géré : 550 millions d'euros.
- Nombre de membres par club : cinq personnes au minimum, vingt au maximum.
- Cotisations mensuelles : près de 90 % des clubs ont opté pour une cotisation uniforme de 63 euros.
- Durée de vie : ne peut dépasser dix ans
Un club d'investissement est un groupe de personnes physiques qui, pour s'initier à la gestion boursière, constitue au moyen de versements échelonnés un portefeuille de valeurs mobilières (actions françaises ou étrangères, obligations classiques ou convertibles, bons de souscription, actions de sicav et parts de FCP). Celui-ci est géré collectivement par les membres du club, qui en partagent les revenus et les plus-values. Il existe ainsi des clubs masculins, féminins ou mixtes, des clubs constitués d'étudiants ou de retraités, des clubs réunissant des artisans, des commerçants ou des chefs d'entreprise. Des clubs d'élèves ou de mi-neurs peuvent aussi être créés sous certaines conditions.
Comment les constituer ?
Après avoir choisi la forme juridique (une convention d'indivision volontaire, dans la plupart des cas, ou, beaucoup plus rarement, une société civile à capital variable), les adhérents doivent rédiger et signer les statuts du club. Un modèle de comptabilité doit être adopté.
Enfin, un intermédiaire financier agréé (une entreprise d'investissement, une banque ou La Poste), auprès duquel un compte sera ouvert au nom du club, est désigné. Le club est alors officiellement constitué et les investissements peuvent commencer. Les intermédiaires ne réalisant les transactions qu'une fois le compte crédité.
Comment fonctionnent-ils ?
Généralement mensuelles, les réunions permettent de décider de l'emploi des cotisations. Les décisions d'investissement sont prises à la majorité des membres présents ou représentés. Des réunions exceptionnelles peuvent être organisées pour décider d'une modification des statuts, de l'exclusion ou de l'admission d'un nouveau membre, ou encore de la révocation des membres du comité de direction. Dans un souci pédagogique, il est toléré que 10 % des opérations puissent être effectuées sur des produits spéculatifs (warrants, dérivés). En revanche, les opérations sur devises ou à découvert sont interdites. Le recours au SRD est toléré à hauteur de 30 % du portefeuille.
Officiellement la durée de vie d'un club d'investissement ne peut dépasser dix ans. Dans les faits rien ne peut vous empêcher d'en ouvrir un autre au-delà de cette période sous une autre dénomination. Vous pouvez également le dissoudre avant ce délai si vous avez mentionné cette possibilité dans les statuts.
Quelle fiscalité s'applique ?
Au regard de l'impôt, la situation des clubistes est la même que s'ils géraient directement leur portefeuille. Les dividendes et intérêts encaissés par le club sont obligatoirement distribués. Chaque membre doit ainsi déclarer sa quote-part des produits imposables perçus par le club et bénéficie des avantages fiscaux attachés aux actions (abattement sur les dividendes dans la limite de 1 220 euros par personne et de 2 440 euros pour un couple). Les plus-values réalisées dans le cadre de la gestion du club sont exonérées d'impôt. Celles réalisées à l'occasion du retrait d'un membre ou de la dissolution d'un club sont exonérées si le montant des cessions de valeurs mobilières est inférieur au montant fixé par la loi (15 000 euros depuis 2003). Si le seuil fatidique est franchi, les plus-values sont imposées au taux de 27 % -
Internet facilite les contacts
Pour faciliter la création des clubs, la Fédération française des clubs d'investissement (FFCI) offre la possibilité de mettre sur son site Internet les annonces des clubs qui recherchent des membres et celles de personnes à la recherche d'un club. Elle propose par ailleurs des « chats » dédiés aux clubs. Les intéressés peuvent ainsi dialoguer en temps réel sur le site de la FFCI. Les discussions y sont totalement confidentielles puisque seuls les membres mentionnés par le président peuvent y participer.
COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 7 avril 2004
Le dynamisme des clubs d’investissement
Activité, montant des ordres et encours des portefeuilles en hausse sensible ; bonnes performances boursières ; plus grande maturité des clubs et des clubistes ; généralisation confirmée de l’usage d’Internet. Tels sont les principaux enseignements de la 7e enquête nationale sur les clubs d’investissement réalisée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et la Fédération française des clubs d’investissement (FFCI) en partenariat avec Euronext.
Un dynamisme confirmé
L’éclatement de la bulle financière qui a vu l’indice CAC 40 chuter de plus de 54 % entre septembre 2000, date de son record historique, et septembre 2003, date de clôture de l’enquête, a eu un impact certain sur le rythme de création de clubs d’investissement qui s’est considérablement ralenti : 27 % des clubs existants au 30 septembre 2003 ont été créés depuis début 2001 contre plus de la moitié pour la période 1998-2000. Il en résulte un allongement de la moyenne d’âge des clubs qui passe de deux ans en 2000 à cinq ans en 2003. Même impact sur celle des clubistes dont 53 % appartiennent à la tranche d’âge des plus de 55 ans.
Si la conjoncture défavorable a poussé les clubs à modifier leur stratégie d’investissement, ils ont su profiter de la reprise des marchés qui s’est engagée à partir de la mi-mars 2003. Ainsi, depuis 2000, les cotisations mensuelles forfaitaires moyennes (89 % des clubs) sont passées de 60 à 63 euros. Le montant moyen des ordres a, lui aussi sensiblement augmenté à 1 945 euros contre 1 534 euros trois ans plus tôt. L’activité s’est également nettement redressée : après un creux à
20 ordres en 2002, les clubs ont passé en moyenne plus de 13 ordres sur le seul premier semestre 2003.
Diversification et concentration
Ce regain d’activité s’est accompagné d’une plus grande diversification puisque le portefeuille type comprend 14 lignes contre 10 lignes en 2000 et 11 lignes en 1996. L’essentiel de l’encours des clubs reste principalement investi en actions (93,8 %) dont la quasi totalité (97,7 %) est négociée sur Euronext Paris. L’évolution des marchés depuis 2000 a amené les trois quarts des clubs d’investissement à modifier leur stratégie d’investissement vers une plus grande sélectivité des valeurs et moins axée sur les TMT.
Pourtant, le portefeuille moyen reste fortement concentré sur quelques titres : les trois valeurs les plus importantes concentrent 38 % des montants gérés avec une convergence des choix vers une quinzaine de sociétés sur les 180 valeurs détenues, avec une nette préférence envers Alcatel, Carrefour, L'Oréal et Alstom.
De meilleures performances que les marchés d’actions
En phase de forte correction boursière, les performances enregistrées par les clubs sont en moyenne 2,5 fois supérieures à celles du CAC 40 (-13,46 % contre
-33,7 %). Néanmoins, des disparités sont observées entre les clubs : dans ce contexte, 20 % des clubs ont enregistré des performances annuelles 2002 positives contre pour 10 % d’entre eux des pertes de plus de 40 %.
Le rebond boursier a également plus profité aux clubs d’investissement qu’au marché en général avec des performances de +25 % pour les clubs contre +2 % pour le CAC 40 (entre le 1er janvier et fin septembre 2003). Sur cette période, 49 % des clubs ont enregistré des performances boursières comprises entre +10 et +30 %.
Utilisation d’Internet en hausse
Enfin, la 7e enquête consacre le rôle d’Internet comme outil de fonctionnement et d’information des clubs d’investissement.
Certes, les banques restent le principal interlocuteur des clubs mais 53 % de leurs membres passent leurs ordres sur Internet contre 34 % en 2000. En outre, si la presse écrite demeure leur source d’information prépondérante, 65 % utilisent Internet de façon régulière.
Cette étude, réalisée entre octobre et décembre 2003 à partir d’un échantillon représentatif de 376 clubs regroupant 4 440 actionnaires individuels, a pour objectif d’apprécier l’évolution de leur profil, leur mode de fonctionnement et d’information.
Pour en savoir plus : www.amf-france.org, www.clubinvestissement.fr,
www.euronext.com
ource : FFCI – tél. 01 42 60 12 47
AMF – Service de la communication – tél. 01 53 45 60 34/28