Actions, or, pétrole... Les choix des gourous en 2007
Avant leur grand-messe annuelle à La Nouvelle-Orléans, les gourous les plus réputés de la planète Bourse livrent en exclusivité à La VF leurs idées d'investissement et avouent une nette préférence pour les grandes capitalisations américaines, les valeurs minières et pétrolières, ainsi que pour les marchés émergents asiatiques.
Actions, or, pétrole... Les choix des gourous
Ils se prénomment Jim, Stephen, William ou Alexander. Leurs noms sonnent comme ceux des héros de western. Ils affichent souvent des idées diamétralement opposées, mais ce qui les réunit avant tout est le goût du risque. Et de la performance. Chaque année, ils se retrouvent à La Nouvelle-Orléans pour confronter leurs points de vue lors d'un colloque très suivi. Ils ? Les gourous américains. Ni visionnaires, ni marabouts, ce sont des financiers avertis, souvent transfuges de grandes banques ou de bureaux d'analyse qui ont fondé leur propre société de gestion.
Ils se distinguent nettement des gestionnaires de fonds traditionnels - collés à leurs benchmarks, leurs indices de référence - par leurs paris très tranchés. Pour cette nouvelle édition (celle de 2005 avait été annulée en raison du cyclone Katrina), l'ambiance devrait être festive. Car, en dépit des relèvements successifs des taux d'intérêt décidés par la Réserve fédérale, l'indice Dow Jones flirte avec ses meilleurs niveaux historiques. Les gourous ne parlent plus de terrorisme, de guerre en Irak, de menace nucléaire ou de déficits structurels, mais d'opportunités pour 2007. Avant cette grand-messe annuelle, nous avons donc demandé aux gestionnaires les plus avisés de nous livrer en exclusivité leurs thèmes d'investissement.
Les groupes pétroliers : de vraies valeurs de croissance
Tim Guinness Depuis 1998, année où il a repris les commandes d'un fonds, alors que le baril valait seulement 12 dollars, Tim Guinness est sans conteste le meilleur gestionnaire au monde pour les valeurs pétrolières. Au cours des cinq dernières années, son fonds, Investec Global Strategy Fund, a gagné 248,6 %, contre 145,9 % pour l'indice de référence. Il nous livre sa vision du monde pétrolier et ses préférences, tous pays confondus, pour en profiter.
Les prix du brut ont fortement reflué. Etes-vous toujours haussier ?
Les prix du pétrole viennent en effet de subir une forte correction. Il est fort probable que celle-ci soit désormais terminée. Les positions spéculatives à la hausse, prises notamment par les hedge funds, ont été liquidées. Les tensions au Moyen-Orient et en Asie se sont atténuées et la saison des cyclones a été calme. Au cours de la plus grande partie des cent dix années de l'histoire du pétrole, les prix ont été régulés par des cartels. Au commencement, on trouvait la Standard Oil de Rockefeller ; aujourd'hui, c'est l'Opep qui tient ce rôle.
Les dernières déclarations du ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minières, Ali Bin Ibrahim Al-Nouaimi, montrent bien que ce cartel ne souhaite pas voir le prix de l'or noir descendre au-dessous de 50 dollars. Les stocks sont loin d'être pléthoriques. La demande actuelle, stimulée par la croissance asiatique, continuera à augmenter et absorbera la hausse prévue de la production mondiale. A terme, un problème se posera, car la production sera insuffisante pour assouvir une demande sans cesse croissante. D'ici dix ans, le baril pourrait donc franchir la barre symbolique des 100 dollars.
Les groupes pétroliers disposent-ils donc, à vos yeux, d'un beau potentiel ?
L'évaluation actuelle des actions pétrolières reflète un prix du baril à long terme bien en deçà de 50 dollars. Les investisseurs ne comprennent pas que les valeurs pétrolières ne doivent plus être considérées comme des valeurs cycliques mais comme des valeurs de croissance qui verront leurs bénéfices augmenter, en moyenne, de 5 à 10 % par an. Leurs profits devraient donc doubler à terme et les PER augmenter facilement de 50 %. Elles affichent donc cette faculté de tripler leur capitalisation à partir des cours actuels.
Dans quelles directions se portent vos investissements ?
Comme nous évoluons dans un marché haussier à long terme, il faut rechercher des sociétés qui détiennent des champs dont la durée de vie est longue et dont les coûts de production sont élevés. La combinaison gagnante : la sécurité via de belles réserves et un fort effet de levier en cas de hausse des prix du baril. Important, les sables bitumineux canadiens sont à privilégier pour leurs réserves considérables. La blue chip du secteur : Canadian Oil Sands Trust (COS-TO) produit déjà, contrairement à Opti Canada (OPC-TO), que je recommande aussi mais qui n'entrera en production que dans dix-huit mois. A titre spéculatif, l'action Synenco Energy (SYN-TO) peut être acquise pour la faible capitalisation de ses réserves (moins de 1 dollar par baril en terre), mais sa production ne pourra pas débuter avant 2010 ou 2011 !
Existe-t-il d'autres opportunités ?Certains producteurs occidentaux comme Anadarko Petroleum (APC) et Apache (APA) peuvent être achetés aux cours actuels car leur multiple ne ressort qu'à 7 fois les bénéfices estimés pour 2007. Je viens d'acquérir Pioneer National Resources (PXD) car le gaz en terre se paie moins cher que la moyenne du secteur. Petrobras constitue également une très belle valeur. Ce groupe est en position de monopole sur un des rares grands bassins mondiaux, qui verra sa production progresser. Total est une valeur sûre, avec de belles réserves et un excellent management. Mais Exxon est trop cher à mes yeux. En revanche, les valeurs de charbon m'intéressent car leurs cours viennent de baisser fortement. Je viens d'acheter Peabody Energy (BTU), qui est coté à 42 dollars, contre 74 dollars en mai dernier. Si vous êtes haussier sur le pétrole, achetez du charbon
Privilégiez les valeurs de croissance aux Etats-Unis
Alexander Farman-Farmaian
En janvier 2006, Alexander Farman-Farmaian a rejoint la société de gestion américaine Edgewood Management LLC. Son renom, il le doit à sa gestion, durant dix-neuf ans, de l'un des meilleurs fonds américains de valeurs de croissance, WP Stewart. Si l'AMF donne son agrément, il devrait gérer bientôt une sicav pour HSBC Private Bank France, à Paris.
Quel regard portez-vous sur le marché ?
Le marché a craint un ralentissement important de l'économie américaine. Mais la baisse des taux d'intérêt et du risque inflationniste laisse espérer un atterrissage en douceur avec, à terme, une réaccélération de la croissance. Tout cela est favorable aux actions américaines. Une rotation sectorielle se déroule sous nos yeux. Mais les petites capitalisations, qui ont fait mieux que le marché, doivent être évitées. Un ralentissement économique n'est pas favorable à ces sociétés très sensibles à la conjoncture. D'ailleurs, leurs bonnes performances relatives depuis trois ans et demi ont provoqué un engouement excessif de la part des hedge funds.
Vers quelle destination ces flux de capitaux vont-ils se reporter ?
Vers les grandes capitalisations, notamment les valeurs de croissance. Dans une économie en ralentissement, les sociétés qui ont une dynamique propre s'en tireront mieux. Nous allons assister à une revalorisation de leur multiple. Apple Computer (AAPL) a ainsi vu son cours monter grâce au succès mondial de ses iPod. Les relais de croissance proviendront du marché des ordinateurs, où la société réalise de meilleurs résultats que ses concurrents. Ses nouveaux produits sont performants et bénéficient du marché des applications Windows. L'action ne se paie que 20 fois les bénéfices, pour une croissance de 20 à 25 %. De même, l'action Google (GOOG) reste intéressante. C'est une société agressive, à fort taux de croissance, qui bénéficiera d'une augmentation de ses revenus publicitaires par le développement de liens avec les programmes de télévision.
Qu'existe-t-il en dehors de ces valeurs emblématiques ?
Si vous n'avez pas peur du risque terroriste, achetez Marriott Hotels (MAR). L'action se vend 22 fois les bénéfices estimés 2007 et 17 fois ceux qui sont prévus pour 2008. Je suis président du Princeton Club, qui possède un petit hôtel à New York, et je vous assure que ce secteur tourne à pleine capacité (entre 85 et 90 %). D'ailleurs, le prix des chambres a été revu à la hausse. Comme il y a peu de nouvelles constructions, il faudra utiliser son BlackBerry bien à l'avance pour prévoir ses déplacements !
La biotechnologie n'est pas non plus à délaisser, à l'image de Gilead Sciences (GILD). Je n'ai jamais vu une société plus rentable : 800 millions de dollars de bénéfice net, pour un chiffre d'affaires de 2 milliards ! Sa croissance est assurée par des redevances importantes provenant du Tamiflu, l'antiviral de la grippe aviaire conçu par Roche. Ses produits sont innovants dans les thérapeutiques antivirales avancées, notamment dans le domaine du sida, mais aussi dans les antibactériens. A titre spéculatif, on peut s'intéresser aussi à la nouvelle société de Marc Andreessen, fondateur de Netscape, à savoir Opsware Inc. (OPSW). Celle-ci développe des programmes permettant de gérer plus efficacement des parcs d'ordinateurs. L'économie de temps serait considérable. La croissance à long terme devrait être de 30 à 35 % par an. Mais attention, la société est déjà chère, avec un PER au-delà de 60 !
Pas de bulle sur les matières premières
Jim Rogers
Jim Rogers est, avec George Soros, le créateur du célèbre Quantum Fund. En 1998, il s'est à nouveau rendu célèbre en lançant, peu de temps avant le début du cycle de hausse, un indice relatif aux matières premières. Depuis 2001, après un quasi-doublement des cours de l'indice CRB, certains assurent que le marché est aujourd'hui entré dans un cycle baissier. « Pas du tout, rétorque Jim Rogers, le boom le plus court de l'histoire des matières premières débuta en 1966 et ne dura que... quinze ans. Et le cycle le plus long s'étala sur vingt-trois ans. Nous ne sommes que dans la septième année du cycle actuel. » Et de préciser : « Dans tous les grands marchés haussiers, il y a des corrections qui peuvent être brutales. Après les baisses récentes dans les secteurs de l'énergie, des faiblesses relatives au prix du cuivre et du zinc pourraient survenir. Pour gagner de l'argent, bien suivre ces marchés et les acheter au cours des fortes corrections est l'idée maîtresse à suivre. » Cet ancien hedge fund manager réfute l'idée, assez répandue, qu'une bulle serait en formation dans ce secteur. Pour preuve, « il existe 50 000 fonds, mais pas plus de 50 sont investis dans les matières premières. Son conseil : s'intéresser aux matières premières agricoles, qui, dans l'ensemble, sont très bon marché. Même le blé et le maïs, dont les cours viennent de monter récemment, sont encore très loin de leur plus haut.
Les marchés asiatiques émettent des signaux positifs
David Fuller
Stratège de Stockcube.com, un service indépendant d'informations financières sur le Net (www.stockcube.com), David Fuller analyse pour ses abonnés, dans Fullermoney, les Bourses internationales, les monnaies et les matières premières. Un commentaire gratuit (« Comment of the Day ») est également disponible chaque jour sur www.fullermoney.com.
Depuis vingt et un ans, David Fuller a développé un style d'analyse technique qui se concentre surtout sur une analyse behavioriste des marchés. Etabli en Grande-Bretagne, il a aussi formé toute une génération d'analystes techniques. Ses choix sont toujours suivis avec intérêt.
Serions-nous toujours, selon vous, dans un marché haussier ?
Oui, la majorité des marchés établit de nouveaux records et les tendances sont régulières. Le plus important pour moi est que la panique observée en mai-juin a purgé les marchés. Ceux-ci se trouvent aujourd'hui dans des conditions techniques bien meilleures qu'en début d'année, après trois ans de hausse quasi continue. 2007 sera d'ailleurs la troisième année du cycle électoral américain, année traditionnellement la meilleure. De plus, la baisse du pétrole, cette matière première essentielle pour la croissance, soutiendra cette tendance positive. Et bien que les valorisations ne soient pas données, elles restent raisonnables compte tenu des taux d'intérêt historiquement bas.
Une petite faiblesse de la monnaie américaine serait probablement interprétée de façon positive ; en revanche, une baisse brutale de même qu'une forte remontée des taux pourraient remettre en question mon scénario optimiste.
Les marchés émergents vous inspirent-ils ?Absolument, et en particulier ceux d'Asie. Nous assistons pour la première fois dans l'histoire de l'humanité à la création d'une gigantesque nouvelle classe moyenne. Imaginez : 1 milliard de personnes vont se mettre à consommer, à acheter des voitures, à construire des maisons, sans oublier la réalisation d'immenses infrastructures modernes. Il faut donc investir à long terme dans des fonds asiatiques comme Aberdeen New Dawn Fund, mais aussi dans des sicav bien établies sur le marché indien, comme JP Morgan India Fund (JII). A long terme, les actions indiennes devraient faire encore mieux que les actions chinoises, car l'Inde, pays dans lequel la langue anglaise se parle beaucoup, possède des atouts incontestables dans les domaines de l'informatique et de la santé, sans compter le potentiel de développement des infrastructures et des industries manufacturières. Quant à la Chine, je ne vois pas de problèmes d'ici aux Jeux olympiques de 2008. J'ai acheté le fonds Atlantis China Fortune Fund pour la qualité du gérant, qui connaît bien les valeurs locales chinoises, ce qui est assez rare. N'oublions pas non plus le Vietnam, qui, au classement de la plus forte croissance en Asie, se situe à la deuxième place. Pour cette région, je conseille Dragon Capital Management, qui possède un fonds spécialisé
Des fonds pleins de promesses
Daniel Pinto
Ce gérant vedette oeuvre pour le compte de Stanhope Capital (45 milliards de dollars d'encours), lié à la firme américaine Bessemer Trust, qui gère la fortune de grandes familles françaises, belges, autrichiennes et britanniques. Dans cette société où le compte moyen s'élève à 50 millions d'euros, on travaille avec les meilleurs fonds de la planète. Daniel Pinto nous en cite quelques-uns auxquels il a accordé sa confiance.
L'exigence de vos clients « très haut de gamme » doit-elle vous forcer à être créatif ?
Nous essayons d'anticiper de nouvelles tendances. Par exemple, nous avons constaté que des masses importantes de capitaux ont été confiées à des fonds qui investissent dans des sociétés non cotées. Ainsi, selon Private Equity Intelligence, entre 600 et 800 milliards de dollars seraient à la recherche d'idées de placement. Sachant que ces fonds utilisent des effets de levier qui varient entre 2 et 3, l'ensemble des capitaux disponibles est probablement de l'ordre de 2 000 milliards ! Devant le peu de possibilités qu'offre le non-coté, nous nous sommes dit que ces fonds tenteraient de prendre le contrôle de sociétés cotées. Nous avons donc recherché les gérants qui auraient cette capacité à identifier ces futures cibles. Pour en profiter, nous avons investi dans le fonds Audley Capital, dirigé par Julian Treger. C'est une légende dans le monde des gestionnaires qui se disent être activistes. Deux autres fonds nous semblent intéressants : Knight Vinke, à la tête duquel se trouve le célèbre Eric Knight, connu en France pour son activisme dans le dossier Suez, et Cycladic, géré par Dimitri Goulandris, qui travaille avec le groupe Jacob Rothschild à Londres.
Y a-t-il d'autres pistes de réflexion ?
En Bourse, le marché américain pourrait dégager une meilleure performance que les Bourses de la vieille Europe. A cela, trois raisons principales : le dollar est faible, ce qui favorise les exportations. Si celui-ci reprend un peu de hauteur, cela favorisera tout type d'investissement à New York. De plus, les marchés affichent en général de bonnes performances même lorsque la croissance ralentit, ce qui semble être le cas. Enfin, les évaluations des grandes sociétés de type value semblent intéressantes. Dans ce cadre, nous avons investi dans le fonds Oldfield Partners qui, géré par Richard Oldfield, a réalisé d'excellentes performances, avec un gain de 251 % depuis le 1er janvier 1997, contre 82,6 % pour son indice de référence. Des blue chips comme Wal-Mart (WMT) ou Microsoft (MSTF) me semblent également intéressantes.
Et qu'en est-il des marchés émergents ?
Les marchés émergents suscitent toujours notre intérêt, surtout ceux d'Asie. La croissance économique est impressionnante, les tendances démographiques sont excellentes et les évaluations raisonnables. Pour 2006, l'indice MSCI Asie (hors Japon) affiche un multiple de 15 et un rendement de 3 %. Pour en profiter, nous avons investi dans le fonds Veritas. Le gestionnaire est un stock-picker compétent, mais il est également très proche de la réalité du marché.
L'or reste une valeur sûre
David Baker et Trevor Steel
David Baker et Trevor Steel (notre photo) ont été deux des principaux gestionnaires du célèbre fonds Merrill Lynch Gold & General avant de se mettre à leur compte pour créer Baker Steel. Leurs qualités exceptionnelles de stock-pickers ont permis à leur fonds Genius Dynamic Gold Fund de progresser de 256 % depuis sa création. Frank Holmes, considéré comme l'un des meilleurs gestionnaires « or » du monde, dirige, lui, la société de gestion US Global Investors et gère le fonds World Precious Minerals, classé premier sur un, trois et cinq ans par Standard & Poor's. Il vient de publier un tableau mettant en évidence la configuration inhabituelle dans laquelle les six principaux facteurs qui influencent l'or pointent dans la même direction : la hausse. La peur d'un ralentissement économique maintient des taux d'intérêt réels négatifs. Il n'est donc pas trop coûteux de détenir de l'or. La manne pétrolière profite aux intérêts du Moyen-Orient, qui investissent traditionnellement dans le métal jaune. Les excédents chinois conduiront cette grande nation à augmenter ses réserves d'or. Les déficits américains, entretenus par des guerres coûteuses, affaibliront le dollar. Et, du côté de la demande, la faiblesse des cours de l'or dans les années 1990 n'a pas permis de développer assez de nouvelles mines. Enfin, le niveau des taux décourage les producteurs de vendre leurs produits à terme, ce qui réduit encore l'offre de métal. S'agissant des mines d'or, les modèles d'évaluation de Baker Steel montrent que celles-ci n'ont jamais été autant sous-évaluées par rapport à l'or physique. Trevor Steel précise : « Historiquement, les mines évoluent entre une décote de 5 % et une prime de 60 %. Or, aujourd'hui, elles se trouvent sans surcote, ce qui est tout à fait inhabituel. » Newcrest Mining (NCM) offre la plus importante décote (52 %). Mais Trevor Steel ajoute : « Sa production par action a augmenté de 56 % depuis 2002, ce qui m'impressionne le plus, alors que celle de l'ensemble des compagnies a baissé de 9 %. » Il affirme qu'il vaut mieux détenir l'or sous forme d'ETF que d'acquérir les grandes sociétés comme Newmont et Barrick car elles ne présentent pas de décote. Néanmoins, Trevor Steel préfère Goldcorp, qui a beaucoup baissé. Mieux, il recommande d'acheter, pour son effet de levier, DRD Gold (DROOY), qui devrait renouer avec les bénéfices grâce à la baisse du rand. Enfin, il vient de renforcer ses positions sur Rio Tinto et BHP Billiton, car ces belles mines diversifiées affichent des multiples de 6, contre une moyenne historique de 18.
L'énergie en vedette et le gaz en particulier
William BrowdeR
Interdit de séjour en Russie pour avoir dénoncé certaines pratiques des oligarques proches du Kremlin, cet homme courageux gère avec un immense talent le plus grand fonds investi en actions russes. Pour preuve, 1 000 dollars placés dans Hermitage en 1996 valent aujourd'hui la bagatelle de 23 000 dollars ! Une performance exceptionnelle, qui le place parmi les meilleurs gérants au monde. Très difficile à joindre, il nous a tout de même livré quelques réflexions.
Quel regard portez-vous désormais sur la Russie ?
Le président Vladimir Poutine a apporté à la Russie à la fois stabilité et croissance. Il saura assurer en douceur sa succession en 2008, année de l'élection présidentielle. Dans le même temps, la flambée des prix de l'énergie a fait passer la Russie d'une situation de pauvreté à celle - toute relative - de richesse. Les prix des biens, produits et services que les Russes convoitent vont donc monter en conséquence, à l'instar de toute économie qui se développe.
Y compris le prix... des actions ?
Absolument. Et, dans cette perspective, mon secteur favori est sans aucun doute l'énergie. En effet, si le prix du baril peut toujours accuser une baisse à court terme pour des raisons diverses, ce sera pour favoriser un rebond encore plus important et plus durable... D'ailleurs, même un prix du baril à 45 dollars continuerait à constituer une manne pour le Kremlin !
Les producteurs d'énergie sont donc vos valeurs favorites...
La population russe achète son gaz avec un rabais de 80 % par rapport aux prix pratiqués en Europe. Pour limiter le gaspillage et éviter une pénurie cet hiver, le prix du gaz domestique devra ainsi être revu à la hausse. Gazprom, plus grande société gazière au monde (cotée en Russie, à Londres et à New York), sera l'une des principales bénéficiaires. L'action Lukoil (LUKOY) devrait également s'apprécier, car le marché ne tient absolument pas compte du fait que le gaz représente pas moins de 25 % de ses réserves !
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander


