Objectif : se constituer une cagnotte sur les marchés financiers
A quel âge s’y prendre ?
- Dès la naissance car, par définition, les nouveau-nés ont l’assurance de ne pas avoir besoin d’argent pendant une quinzaine d’années… Plutôt que de leur ouvrir un Livret A, préférez l’achat d’une Sicav ou la souscription d’un contrat d’assurance vie multisupport.
- Lorsque vous disposez de revenus réguliers, privilégiez l’investissement programmé pour lisser les fluctuations du marché.
Le monde n’est plus ce qu’il était ! Et il est aujourd’hui dangereux de se tenir à l’écart de la financiarisation de la société. Avoir de l’immobilier est une chose, investir sur les marchés financiers, une autre. Deux stratégies plus complémentaires que contradictoires. Alors que les patrimoines des Français sont riches de terres et d’immeubles, ils comportent une faible part d’actions et de Sicav.
C’est un réflexe. A la naissance du petit dernier, l’un des grands-parents ouvre un Livret A ou un livret Bleu – régulièrement alimenté ensuite – à l’enfant. Question : à quoi est destiné ce bas de laine ? Parions que cette cagnotte sera soigneusement préservée pour assurer l’avenir du jeune : participer au financement de ses études ou l’aider à s’installer dans la vie. Dès lors, c’est une erreur de laisser dormir les fonds de longues années durant sur un livret. Puisque vous avez le temps, jouez plutôt la Bourse. Pas question d’acheter une ou deux actions en direct, même si désormais les plus-values réalisées sont exonérées au bout de huit ans. Gardez en mémoire l’histoire du projet du siècle : Eurotunnel… Préférez au contraire la souscription d’un fonds sur un compte-titres ou via un contrat d’assurance vie multisupport.
Epargnez régulièrement en Bourse
La Bourse peine à séduire. Et elle a aussi souvent l’image d’un casino. Au grand dam de certains et pour le bonheur des autres. Mais, tout compte fait, beaucoup d’épargnants se complaisent avec cette illusion. Quelle valeur faut-il donc acheter ? L’heure n’est-elle pas venue de prendre ses bénéfices ?
Pour se bâtir une cagnotte et faire grossir son patrimoine, les marchés financiers sont incontournables. Ils permettent à long terme de profiter de la croissance économique mondiale. La meilleure solution consiste, ici, à transposer une pratique… immobilière. Au lieu de mettre tous les mois de l’argent de côté pour rembourser un crédit, investissez-le sur les marchés boursiers. Les yeux fermés ! De quoi profiter de l’effet boule de neige de la capitalisation. Avec cette épargne forcée, adaptée tout particulièrement aux salariés ou retraités disposant de rentrées d’argent régulières, vous profitez alors des phases de progression de la Bourse, mais aussi des périodes de baisse. Explication : en investissant toujours le même montant, vous acquérez un plus grand nombre de parts lorsque leur valeur diminue. Résultat : vous réalisez ce que les professionnels de la finance appellent une «moyenne à la baisse». En d’autres termes, vous abaissez le prix de revient de votre investissement et augmentez de facto sa performance dès que les marchés reprennent le chemin de la hausse. Imparable. Et totalement à l’opposé du réflexe naturel des épargnants consistant à acheter après une phase de hausse et à vendre au plus bas…
Privilégiez l’enveloppe fiscale la plus adaptée
L’investissement programmé est possible sur presque toutes les enveloppes : compte-titres, plan d’épargne en actions (PEA), plan d’épargne entreprise (PEE) ou assurance vie. Des outils aux caractéristiques légèrement différentes. Sur les comptes-titres, tous les investissements sont possibles, mais les plus-values sont taxables au taux de 27% dès lors que les cessions réalisées par le foyer fiscal dépassent 15 000 euros dans l’année. Le PEA est plus avantageux. Au bout de cinq ans au minimum de détention, les gains réalisés au sein d’un plan sont exonérés. N’hésitez pas à en souscrire un le plus tôt possible de façon à prendre date fiscalement. Après huit ans, vous pourrez même utiliser votre pactole pour effectuer des retraits sans entraîner la rupture du plan. En revanche, de nouveaux versements ne seront plus possibles. Autre contrainte : impossible d’avoir plus d’un PEA par contribuable et d’y investir plus de 132 000 euros.
Eventuellement proposé par votre employeur, le PEE est encore plus attractif, en particulier lorsqu’il ne se limite pas aux titres de l’entreprise. Il offre alors plus de possibilités de diversification que le PEA. Autre atout : vos versements volontaires peuvent être gonflés par un apport de l’employeur, appelé l’abondement. Ce dernier peut atteindre jusqu’à 300% du versement de l’employé, avec un plafond annuel de 2 300 euros sur le PEE et de 4 600 euros sur un plan d’épargne retraite collectif (Perco). Si votre entreprise vous permet de disposer des deux plans, vous pourrez donc doper votre cagnotte de 6 900 euros par an à bon compte. Qui plus est, l’employeur peut prendre en charge les frais de tenue de compte, voire aussi les frais sur versement ou d’arbitrage. Attention : la réserve constituée avec le Perco est disponible seulement au départ à la retraite. Le PEE est plus souple : après cinq ans, et même avant dans une dizaine de cas de déblocage anticipé – comme le départ de l’entreprise, le mariage ou l’acquisition de la résidence principale –, l’épargnant peut récupérer son épargne, exonérée d’impôts, hors charges sociales. Un délai décompté à partir de chaque versement, et non lors de l’ouverture du plan comme pour le PEA.
Ne boursicotez qu’une fois vos arrières assurés
Enfin, il y a l’incontournable assurance vie. Pas de plafond pour les versements, une quasi-exonération des gains réalisés après huit ans, une fiscalité successorale hors pair et aucune limitation du nombre de contrats détenus… Quel que soit votre âge, vous avez donc intérêt à détenir un ou plusieurs contrats d’assurance vie dès lors que vous commencez à détenir des capitaux conséquents. D’autant que ces produits acceptent une très large palette d’actifs. De quoi faire de vos contrats un placement totalement sûr, via la souscription d’un fonds en euros, ou très dynamiques, via des supports actions investis sur l’ensemble des places internationales.
Et la Bourse en direct ?
Elle a évidemment sa place sur un compte-titres ou un PEA. Mais il n’est pas opportun de commencer en s’aventurant en direct, seul, sur les marchés. Cette étape doit venir une fois le patrimoine largement constitué. D’une part, pour disposer de suffisamment d’argent pour investir sur une dizaine de lignes environ. D’autre part, pour être sûr de ne pas avoir besoin de l’argent placé du jour au lendemain.
L’art de faire croître son patrimoine
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : placez cent euros par mois et vous obtiendrez un véritable trésor de guerre au bout de quelques années ! Problème : il est bien délicat de trouver aujourd’hui un placement à taux fixe avantageux. A long terme, seule la Bourse devrait pouvoir dégager une rentabilité supérieure à 6%. Or, avec 100 euros épargnés par mois, l’écart entre un rendement de 2 ou de 6% est supérieur à 3 000 euros après dix ans. Toujours sur une décennie et si vous ne souhaitez prendre aucun risque, un taux de 3% suffit à générer un capital de près de 14 000 euros. Vous avez dit cagnotte ?
| Quel capital pour 100 euros par mois ? |
| Année |
Taux |
| - |
2% |
3% |
4% |
5% |
6% |
8% |
10% |
| 1 |
1 213 |
1 219 |
1 226 |
1 232 |
1 239 |
1 251 |
1 264 |
| 2 |
2 450 |
2 475 |
2 501 |
2 526 |
2 552 |
2 603 |
2 655 |
| 3 |
3 712 |
3 769 |
3 827 |
3 885 |
3 943 |
4 063 |
4 184 |
| 4 |
4 999 |
5 102 |
5 206 |
5 311 |
5 419 |
5 639 |
5 866 |
| 5 |
6 312 |
6 474 |
6 640 |
6 809 |
6 982 |
7 341 |
7 717 |
| 8 |
10 411 |
10 843 |
11 295 |
11 767 |
12 260 |
13 311 |
14 456 |
| 10 |
13 282 |
13 979 |
14 718 |
15 499 |
16 326 |
18 128 |
20 146 |
| 15 |
20 976 |
22 680 |
24 546 |
26 590 |
28 831 |
33 978 |
40 162 |
| 20 |
29 472 |
32 766 |
36 503 |
40 746 |
45 565 |
57 266 |
72 399 |
| 25 |
38 851 |
44 459 |
51 051 |
58 812 |
67 958 |
91 484 |
124 316 |
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